Les Enfants de Dana
Dana est la Mère, pour certains c'est une déesse, et pour d'autres elle est simplement la Terre, celle qui engendre toute vie. Nous, qui arpentons le monde, sommes tous ses filles, ses fils.
Nous ne vénérons aucun dieu ni déesse en particulier, nous pensons que la croyance est propre à chaque être, aussi chacune et chacun de nous est-il libre de sa pensée. De même, nous considérons qu'aucune race ou peuple n'est supérieur ou inférieur à un autre, car tous nous sommes issus du sang de la Terre.
Parce que nous nous souvenons, nous sommes comme les doigts de la main. Nous ne nouons aucune alliance avec quelque ordre que ce soit, et nous ne les combattons pas. Chacune et chacun de nous est libre de ses amitiés, de ses choix.
Nous sommes les Gardiens des Légendes, les Veilleurs du Souvenir, nous sommes les Artisans de Demain. Nous préparons le terrain pour qu'un jour tous se souviennent qu'ils ont la même Mère.
Mais parce que l'oubli s'est insinué au cœur de la vie, nous avons été contraints de prendre les armes pour que tout ne soit pas perdu irrémédiablement.
Nous sommes les Enfants de Dana.
L'Histoire des Enfants de Dana
Invoqués par Dana, et grâce à la présence de ses Enfants, trois Gardiens veillent en permanence sur ces terres et leurs habitants. Chacun est le détenteur d'une Voie, et chaque Enfant, lors de son entrée dans les terres Danaïtes, se voit proposer d'intégrer l'une de ces Voies, celle qui lui correspondra.
Émergées aux alentours de la 790ème lune, les terres de Dana possèdent leur propre Histoire, leur propre passé, dont voici une partie.
La Terre de Nuada *Partie 1*
Un brouillard épais recouvre les terres d'un linceul blanchâtre, de hautes silhouettes décharnées se distinguent à peine, levant leurs bras squelettiques vers les cieux invisibles, comme pour adresser une supplique fervente aux Dieux. Les sons sont étouffés, l'atmosphère pesante, fantomatique. Un léger choc retentit, suivi d'un raclement sourd qui résonne dans l'air, inquiétant. Un bruit de pas, discret, un imperceptible grincement métallique, puis le silence ouaté reprend ses droits. Le jour devrait se lever, mais il semble rechigner à se manifester dans la grisaille ambiante, craignant peut-être un accueil mitigé.
Un être revêtu d'une lourde armure de plaques emprunte un étroit sentier, son pas est silencieux, ses épaules étrangement voûtées, son regard terne. Il met un pied devant l'autre, lentement, comme si chaque pas lui coûtait, chacun plus difficile que le précédent. Une aube blafarde se lève péniblement, dispensant une maigre lueur qui ne perce que malaisément les brumes, le guerrier n'y prête aucune attention, tout entier plongé dans ses pensées, dans un passé si lointain qu'il lui apparaît aussi gris que cette journée qui s'annonce. Il poursuit sa marche, toujours suivant l'étroite sente qui grimpe de plus en plus abruptement, s'encaissant entre des amas de blocs évoquant quelque cataclysme ancien, témoins impassibles d'un présent qui ne leur importe pas. L'obscurité devient de plus en plus profonde, les amas de rochers deviennent falaises, bientôt si élevées que seul un étroit ruban de ciel brumeux semble encore empêcher de se rejoindre.
Le chemin prend fin avec soudaineté, laissant place à un escalier grossièrement taillé dans la roche qui plonge dans les entrailles de la terre. Les marches sont recouvertes d'une fine pellicule d'humidité, elles paraissent incroyablement usées, creusées par d'innombrables pas, glissantes et traîtres au possible. Le guerrier marque un arrêt, contemple de son regard éteint cette bouche béante qu'il espérait ne jamais revoir. Une légère grimace déforme ses traits, sa main serre plus fortement la hampe de la lance qui l'accompagne toujours. Il laisse échapper un soupir profond, adresse une prière silencieuse à la Terre, puis s'engage sans plus d'hésitation dans le couloir lugubre.
La descente est interminable, l'obscurité totale, seul le bruit des solerets raclant la pierre trouble le rythme lancinant des gouttes d'eau qui percutent depuis l'aube des temps le sol de cet escalier oublié de tous. De presque tous. L'être murmure un juron qui se répercute inlassablement contre les parois, moqueur, lui soutirant une moue rageuse. Une envie subite de prononcer quelques malédictions haineuses le gagne, il serre les dents, sachant bien que cela ne ferait que hâter sa propre fin, que ce serait renier la nature qu'il a si douloureusement choisi d'assumer en un temps qu'il souhaiterait de toute son âme oublier. Un visage emplit son esprit, le souvenir d'un regard infiniment troublant ébranle sans pitié les recoins les plus inaccessibles de son âme, lui arrachant une sourde plainte, quelques larmes roulent, qui se joignent sans vergogne aux ruissellements souterrains, indifférents.
L'escalier prend fin, un gouffre béant se dévoile au regard nyctalope de l'elfe noir, il se souvient que les anciens racontaient qu'il plonge jusqu'aux abysses infernales, pour ce qu'il en sait, cela pourrait bien être vrai. Une arche de pierre dérisoire franchit l'abîme, si étroite que le moindre faux-pas plongerait l'imprudent dans cette gueule des enfers sans fond. Le guerrier s'assure que ses armes sont bien attachées, puis s'avance sans hésitation sur le pont, marchant d'un pas plus rapide. Il parvient sans encombre sur l'autre berge, se figeant devant une petite porte de pierre sculptée de runes tordues qui dégagent une écœurante aura malfaisante. Deux gemmes y sont incrustées, écarlates, morbides, évoquant le regard de quelque entité tout droit issue de la géhenne. Lug dompte sans complaisance la crainte qui le saisit, il connait la nature de ce lieu, il sait ce qu'il y trouvera, s'il survit. Ses lèvres prononcent une sombre incantation, rauque, chuintante, ses traits se durcissent, son regard plonge dans les profondeurs cauchemardesques des gemmes, les défiant de l'arrêter. Un bref éclat écarlate, quelques gouttes de sang jaillissent comme des larmes depuis les deux pierres, traçant un étrange dessin d'aspect maléfique sur la pierre. Un déclic grinçant se fait entendre, la porte s'ouvre. Le Guerrier de Dana entre, l'épais battant se referme derrière lui avec un claquement sinistre.
Les Membres
Actifs:
Passés:
Des Récits Danaïtes?
La plupart des récits Danaïtes restent en la possession du vieux Dagda. Quelques récits relatifs à Ordradhil V :
Visiteurs, prudence!
Les lieux, avertissement:
Aux visiteurs des terres de Dana, du simple curieux à l'intéressé, il est dit que les terres sont retranchées derrière les Portes de Dana, barricadées et dissimulées derrière d'opaques brumes, ceci en raison de l'affluence des korrigans et de leurs farces aventureuse dont on peut devenir la cible, à notre insu. Il est fortement conseillé, en s'arrêtant à l'Auberge du Passant, de commander sans broncher la fameuse bière des Korrigans, au risque de provoquer une tempête injurieuse.
L'officine du Dagda:
Ici se trouve, au terme d'une étroite venelle, le sanctuaire du vieux Dagda. Malgré les airs revêches du petit homme, pour peu que l'on se montre aimable et en en faisant la demande, il se pourrait qu'il vous ouvre la voie vers la grande bibliothèque de Dana, là où se trouvent la totalité des manuscrits Danaïtes, que vous pourrez parcourir à loisir. Mais attention, la tâche n'est pas aisée! Cela vous demandera beaucoup de tact ou de patience, selon le bon vouloir du petit homme.
